← Écrits

Boring is good. Boring works.

24 juillet 2024
Illustration d'un stylo-plume, d'un crayon et d'une fusée croisés en X, sur un fond mauve avec le logo de &friends.

Startups, labs et départements d’innovation. Il y en a partout et ils ont des succès variables, voire contestables. Mais d’où vient ce besoin de toujours vouloir créer « The next big thing »? Certes, si l’on n’évolue pas… nos entreprises peuvent être à risque, mais tout risquer dans une grande innovation peut être tout aussi risqué. D’autant plus qu’avec le contexte économique actuel, il est difficile de justifier des sommes en innovation quand le résultat n’est pas garanti, et parfois même pas connu au début de l’exercice.

J’ai, quant à moi, une approche bien différente face à l’innovation : « C’est le contexte qui détermine si vous devez innover. »

Innover sans savoir quel problème nous voulons résoudre, c’est laisser le hasard dicter nos actions. C’est en connaissant le contexte et en comprenant les problèmes qui existent dans ce contexte que nous pouvons déterminer si tenter d’innover est une bonne idée.

Si vous avez le budget de la NASA

La rumeur veut que, lors de la course à la Lune entre les États-Unis et la Russie, la NASA ait dépensé une petite fortune pour créer un stylo capable de fonctionner dans l’espace. Ce stylo est plus connu sous le nom de Space Pen. Les Russes, eux, ont utilisé des crayons de plomb.

Intéressant, n’est-ce pas?

Alors, qui a gagné?

La NASA, parce qu’elle a eu le premier crayon à aller dans l’espace? Ou la Russie, qui a acheté le même crayon deux ans plus tard sans jamais prendre aucun risque?

Dans tous les cas, croyez-vous que c’est ce crayon qui a fait la différence dans la course à la conquête de la Lune?

Ou, en réalité, l’innovation requise pour aller sur la Lune est-elle bien plus complexe qu’un simple crayon?

« Start with boring. Boring is good. Boring works. Innovate on what makes a difference. »

Rester sur Terre pour atteindre la Lune

1 : Let me Google it for you. Ou, GPT it for you.

Oui, ça sonne arrogant, mais si ça existe déjà, ce n’est pas de l’innovation. Ça veut simplement dire que quelqu’un a déjà trouvé une solution à votre problème. Autant en profiter et ne pas investir pour réinventer la roue.

2 : R&D… Ripoff and duplicate

Une solution existe déjà, mais elle n’est pas adaptée à votre contexte. Vous viserez ainsi une amélioration ou une innovation partielle, ce qui est très pratique. Vous pourrez comparer le contexte de la solution existante au vôtre et cibler les améliorations à apporter. Vous aurez ainsi accès à des comparatifs sur les processus, les technologies, les fonctionnalités, la perception des utilisateurs, les défauts et qualités, etc. Il ne vous restera qu’à vous améliorer selon vos besoins et votre contexte.

3 : Innovate or die (as a business)

Félicitations, vous êtes unique. Soit votre contexte est unique, soit personne n’a résolu votre problème avant vous ou ne l’a communiqué publiquement. Enfin, nous pouvons parler d’innovation. Pas parce que c’est « glam », mais parce qu’on n’a pas le choix. Et lorsqu’on n’a pas le choix, investir dans des projets dont on ne connaît pas l’aboutissement devient nécessaire.

Les considérations

Évidemment, selon les contextes, les méthodologies, les budgets et les délais, le droit à l’erreur et la prise de risque ne seront pas les mêmes. C’est pourquoi partir du contexte est primordial pour bien utiliser ses ressources et son temps.

Alors, lorsque vous avez un projet et que vous êtes une startup, un lab ou un département d’innovation, l’une de vos priorités est d’identifier les projets pas ou peu innovants. Ainsi, vous pourrez prioriser les problèmes qui offrent le meilleur retour sur investissement (ROI) ou les confier aux bonnes équipes. Parce qu’après tout, une entreprise peut très bien exister sans innover si elle est productive, mais elle ne peut pas survivre si elle innove sans jamais finir par produire quoi que ce soit.

Publié d'abord sur &friends